Protocole de recherche sur le financement du PEV au Burkina Faso
1. Contexte et justification de la recherche
Au cours de la période 1980-1990, le Burkina Faso a
élaboré et mis en œuvre son premier programme national de développement
sanitaire (PSN). Ce programme basé sur les principes des SSP a permis de
construire un système de santé de type pyramidal plus ou moins calquée
sur l'organisation administrative (CSPS - CM/CMA - CHR - CHN). A l'issue de cette
période, de nombreuses reformes du système ont été
envisagées et ont concerné :
- Le financement à travers la mise en œuvre de l'Initiative de Bamako
- La participation communautaire avec la mise en place des Comités de
Gestion (COGES)
- La décentralisation du système de santé avec la mise
en place des districts sanitaires
- La promotion des médicaments essentiels génériques avec
la création de la CAMEG et les dépôts de vente dans les formations
sanitaires.
Malgré ces nombreuses réformes, les performances
du système de santé restent relativement faibles. En effet selon
l'OMS, le Burkina Faso occupe le 162ème rang en terme d'état de
santé parmi les 191 Etats qui ont fait l'objet du classement. L'espérance
de vie à la naissance est de 53,8 ans tandis que la mortalité générale
et maternelle est respectivement de 15,2 pour 1000 et 484 pour 100 000 naissances
vivantes. Les causes de mortalité surtout chez les enfants restent dominées
par le paludisme, les infections respiratoires aiguës, la malnutrition et
la paupérisation grandissante, on constate par ailleurs une faible fréquentation
des structures de santé aussi bien pour les soins curatifs que préventifs.
Même si elles ne sont pas les principales causes directes de mortalité
chez les Enfants, les maladies évitables par la vaccination sont à
la base de nombreuses complications qui secondairement aboutissent à des
décès infantiles
Afin d'améliorer les performances de santé, le gouvernement a entrepris
d'élaborer un nouveau plan de développement sanitaire pour la période
2001-2010 (PNDS). Parmi les objectifs pour cette période décennale
on peut retenir l'accroissement de la couverture sanitaire nationale et l'amélioration
de la qualité ainsi que de l'utilisation des services de santé.
Cette option place le PEV dans les préoccupations du gouvernement pour
les 10 années à venir car il s'agira de contribuer à la réduction
de certaines affections par l'augmentation et le maintien d'une bonne couverture
vaccinale.
2. Le Programme Elargi de Vaccination
2.1 Historique du PEV
Après la déclaration d'Alma Ata en 1978 qui soulignait
l'importance du Programme Elargi de Vaccination (PEV) en tant qu'élément
essentiel de la santé maternelle et infantile composante des Soins de Santé
Primaires, le Burkina Faso a décidé d'instaurer pour la décennie
1980-1990 un Programme de Vaccination visant à réaliser la couverture
vaccinale de la totalité des populations cibles contre les principales
maladies endémo-épidémiologiques évitables par l'immunisation.
Ce programme a connu un démarrage lent et difficile
et s'est progressivement implanté dans toutes les provinces.
Il convient de souligner que le programme a été
élaboré en 1979, année d'adoption des soins de santé
primaires par le pays.
Le PEV est devenu progressivement opérationnel à partir de 1980.
Il a démarré à Bobo Dioulasso (juin 1980), puis a atteint
Ouagadougou (1981) et les zones médicales de Tougan, Kaya, Nouna, Koupéla,
Kongoussi, Boulsa (1982).
Il a connu son véritable essor après la "vaccination
commando" de décembre 1984 avec l'appui de plusieurs organismes multilatéraux,
bilatéraux et de plusieurs Organisations Non Gouvernementales. Cet appui
a permis d'étendre le PEV à l'ensemble du territoire national en
fournissant l'équipement et les moyens de fonctionnement du programme.
Au plan institutionnel, l'organisation du PEV a connu plusieurs évolutions.
En effet, de la Direction de la Surveillance Epidémiologique et des Vaccinations
(DSEV) en 1982, la structure a été rebaptisée Direction de
la Prévention par la Vaccination (DPV) en 1992. Le volet surveillance épidémiologique
a été logé à la Direction du Contrôle des Maladies
Transmissibles (DCMT)
En 1995, c'est un Service qui est créé en lieu et place d'une Direction
Service de la Prévention par les Vaccinations (SPV) qui fut d'abord rattaché
à la Direction de la Santé de la Famille (1995) puis à la
Direction de la Médecine Préventive (1999).
Tous ces changements témoignent de la préoccupation permanente de
rechercher une organisation opérationnelle à même de permettre
au PEV d'atteindre ses objectifs.
2.2 Les principaux acquis du PEV
Au niveau des ressources, de nombreux efforts ont été
faits aussi bien par l'Etat que par ses principaux partenaires au développement
sanitaire : environ 900 centres fixes de vaccination sont fonctionnels et de nombreux
moyens logistiques sont mis en place pour assurer le ravitaillement mais aussi
pour permettre la réalisation des stratégies avancées au
niveau des populations éloignées des centres fixes. De nombreux
agents ont bénéficié de formations en PEV pour leur permettre
de réaliser efficacement le programme. Ces activités de formation
ont porté aussi bien sur les aspects techniques que sur la mobilisation
sociale.
La mise en place de ces ressources a permis au PEV d'obtenir d'importants résultats
en terme de couverture vaccinale même si elles ne sont pas conforme aux
attentes en terme de contrôle des maladies évitable par la vaccination.
L'évolution de la couverture vaccinale est illustrée dans les deux
graphiques ci dessous.
Graphique 1 : Evolution de la couverture vaccinale

Sources : données de routine enfants de 0-11 mois, Service PEV, MSP
Graphique 2 : Evolution de la couverture vaccinale à
partir des enquêtes de couverture vaccinale (enfants de 12-23 mois)

Sources : enquêtes de couverture vaccinale, MSP
On observe au plan national une augmentation de la couverture
vaccinale quel que soit l'antigène jusqu'en 1995. A partir de cette période,
les taux de couverture vaccinale sont restés globalement stables puis ont
amorcé une diminution jusqu'en 1998. Au cours des trois dernières
années, les données de routines indiquent une reprise assez significative
des taux de couverture vaccinale. Cette tendance reste à être confirmée
par des enquêtes de couverture vaccinale.
Lorsqu'on examine l'évolution des couvertures vaccinales au niveau des
différents districts ou provinces, on observe les principales tendances
suivantes : un certain nombre de districts présentent des taux de couverture
vaccinale relativement élevés et de façon constante. A l'inverse
on trouve environ le même nombre avec des taux constamment faibles. Au niveau
des autres districts, la tendance est une évolution en dents de scie.
2.3 Les orientations stratégiques et
leur justification
Initialement, la cible retenue pour le PEV au Burkina était
de 0 à 23 mois. Lors de sa 38ème session, le Comité Régional
de l'OMS pour l'Afrique engage les Etats membres à éliminer le TNN
en Afrique d'ici 1995, le Burkina a institué alors un calendrier vaccinal
recommandant cinq contacts vaccinaux pour la vaccination des femmes en âge
de procréer.
Après l'évaluation de la couverture vaccinale de 1990 et suite au
constat d'une forte régression des cas de maladies du PEV dans la tranche
de 12 à 23 mois, le Burkina en accord avec l'OMS et les partenaires a déterminé
la cible de 0 à 11 mois qui sera mise en application à partir du
24 mai 1991.
Au niveau des priorités d'action, le PEV à la suite de la décennie
de l'immunisation universelle a opté pour : l'élimination du Tétanos
Néonatal dans la région africaine de l'OMS d'ici 1995 ; l'Eradication
de la Poliomyélite d'ici 2000 ; la Réduction d'au moins 90% de la
morbidité et de la mortalité dues à la rougeole. Les résolutions
de l'OMS relatives à ces défis ont été toutes adoptées
par les autorités sanitaires du Burkina Faso. Les activités sont
mises en œuvre à travers le renforcement du PEV de routine, de la
surveillance intégrée et la conduite des campagnes de masses de
vaccination contre la rougeole, la poliomyélite et le tétanos.
Au niveau opérationnel, la stratégie mobile a été
progressivement abandonnée au profit de la stratégie fixe et avancée.
Cette option est largement facilitée par l'extension de la couverture sanitaire
par les services de santé de base (CSPS, CM) et par la disponibilité
des moyens logistiques (motos). La mise en place des centres fixes de vaccination
a permis d'intégrer le PEV dans le PMA dispensé à ce niveau.
La mobilisation sociale a toujours constitué un axe important dans les
activités du PEV aussi bien au niveau national qu'au niveau des districts
sanitaires. Prenant plusieurs formes, elle vise essentiellement une plus grande
participation des populations non seulement au financement du PEV mais également
aux activités de vaccination.
Comme l'indiquent les différents résultats obtenus dans le cadre
du PEV, les performances sont restées relativement faibles.Ce constat a
amené à initier au cours du temps, de nombreuses stratégies
dont : l'accélération de la vaccination de routine (1989 - 1990
-1995) par l'organisation d'une campagne de masse de vaccination contre les sept
maladies du PEV dans le pays.
Dans le cadre du contrôle de la rougeole, des campagnes de vaccination de
masse ont été organisées en 1998 et 1999, et ont concerné
les enfants âgés de 9 à 59 mois et ceux de 9 mois à
14 ans en 2001.
Tout en reconnaissant le succès de ces campagnes en terme d'amélioration
de la couverture vaccinale, il y a un consensus sur la difficulté de pérennisation
d'une telle approche car trop coûteuse et perturbe la dynamique d'une organisation
cohérente du PMA dans les formations sanitaires de base. L'option nationale
reste donc la promotion du PEV de routine avec la plus grande efficacité
possible.
2.4 Les grands défis actuels du PEV
Dans le cadre du programme élargi de vaccination de
nombreuses évaluations et revues ont été réalisées
soit au plan national soit à l'initiative de certains districts avec l'appui
des différents partenaires qui interviennent dans ce domaine. Le plan stratégique
2001-2005 du PEV Burkina Faso, synthétise les principaux défis que
le PEV devrait relever pour espérer avoir une bonne efficacité c'est
à dire passer de 60% à 90% et de 42% à 85% respectivement
pour le BCG et le DTCP3.
Actuellement, les principaux problèmes que le PEV devra résoudre
sont de plusieurs ordre et portent :
a) Au plan technique
- La supervision est insuffisante, il y a une faible complétude des différents
rapports dans le cadre de la surveillance épidémiologique par ailleurs
en dehors des PFA et de la rougeole et du TNN il n'existe pas un système
de surveillance active
- De nombreux agents sur le terrain ne sont pas formés aux techniques
du PEV
- La sécurité des injections reste relativement faible
b) Au plan du financement
Il existe un paradoxe. En effet, alors que de nombreuses activités
semblent souffrir d'un manque de financement (stratégies avancées,
le maintien de la chaîne de froid, l'acquisition des consommables...), la
situation est caractérisée par une faible absorption des fonds disponibles.
Cette situation serait imputable à la complexité des procédures
et à la mauvaise planification des activités.
c) Au plan de la mobilisation sociale
Il y a une faible implication des populations dans les différentes
stratégies développées pour le PEV. Ceci malgré la
mise en place des comités de gestion au niveau des différents centres
de santé et de promotion sociale qui sont pour la majorité des centres
fixes de vaccination.
Il ressort de ce qui précède que depuis sa mise
en œuvre en 1980, le PEV bénéficie d'une attention particulière
de la part des autorités politiques et des différents partenaires
au développement sanitaire. Cette prise en compte du PEV s'est matérialisée
entre autre par le développement de stratégies qui permettent aujourd'hui
de rendre le vaccin toujours disponible. Malgré ces efforts, les résultats
sont très contrastés et caractérisés par une évolution
globale en dents de scie et surtout par une disparité des performances
entre les districts sanitaires du pays. On note cependant que certains districts
restent relativement constants en ce qui concerne leurs performances (bonnes ou
mauvaises). Cette situation au regard des différentes analyses semble relever
entre autre de la variation des contextes et des actions entreprises en ce qui
concerne notamment l'implication effective des populations aux différentes
actions entreprises.
3. Hypothèse de recherche
La présente recherche se fonde sur l'hypothèse
selon laquelle il existe dans certains districts des stratégies efficaces
d'implication des populations dans les activités du PEV et dont la reproduction
dans les autres districts est susceptible d'améliorer leurs performances
en matière de couverture vaccinale dans le cadre du PEV de routine et aussi
dans la surveillance épidémiologique. Il reste entendu que dans
cette démarche, abstraction est faite des autres facteurs déterminants
du succès du PEV.
4. Questions de recherche
- Comment certains districts arrivent-ils à impliquer efficacement et
durablement les communautés dans l'exécution du PEV ?
- Comment ces stratégies contribuent-elles effectivement à améliorer
les performances du PEV ?
- Dans quelle mesure ces stratégies d'implication des communautés
sont-elles reproductibles dans les autres districts du pays ?
5. Objectifs de la recherche
5.1 Objectif général
L'objectif général est de contribuer à
une plus grande implication des populations dans les activités de vaccination
y compris la surveillance épidémiologique dans les districts sanitaires.
5.2 Objectifs spécifiques
- Identifier les expériences de participation efficace des populations
dans le PEV
- Identifier les facteurs de succès et d'échec de cette participation
des communautés dans les stratégies du PEV
- Identifier les mécanismes pour une réplication des expériences
positives dans d'autres districts du pays
6. Méthodologie
6.1 Cadre conceptuel théorique de la
recherche
L'intérêt apporté à la Participation
Communautaire (PC) n'est pas nouveau et s'est davantage accru avec l'adoption
des Soins de Santé Primaires en 1978 qui font de cette PC un élément
capital. Notre cadre conceptuel s'inspire largement de la démarche développée
dans la publication de Susan B. RIFKIN.
Nous définissons la PC comme étant l'intervention de la population
bénéficiaire dans le processus de prise de décision, d'exécution
et d'évaluation des activités de vaccination.
Dans le cadre de la présente recherche, la PC est considérée
comme un moyen qui doit permettre une amélioration significative et durable
des taux de couverture vaccinale sur l'ensemble des districts du pays de même
que la stratégie de surveillance épidémiologique des maladies
cibles du PEV.
En terme de modalités de participation on peut en retenir
4 qui sont applicables au PEV :
- La participation des populations aux avantages du programme : les populations
cibles bénéficient de la vaccination dans le cadre des séances
organisées par les agents de santé dans les divers districts
- La participation aux activités du programme : cette participation peut
se manifester de plusieurs manières (appui à l'organisation des
séances, mobilisation des populations, etc.)
- La participation à l'exécution du programme : à la différence
de la participation aux activités, certaines populations participent à
des aspects de gestion du PEV en identifiant les sites de vaccination, en définissant
les agendas de vaccination et les modalités d'acquisition de certains consommables
du PEV
- La participation à la surveillance et à l'évaluation
du programme : le système de monitorage permet à certaines populations
de s'assurer que les objectifs sont atteints, d'identifier les zones ou la participation
aux séances est faible
L'efficacité de la participation communautaire dépend
en général de deux facteurs : le contexte local et les facteurs
d'action.
Le contexte local renferme les aspects en rapport avec le contexte culturel, la
situation socio-économique, l'évolution historique, la politique
des pouvoirs publics (prise en compte des besoins des populations locales, communication
entre le niveau central et périphérique, organisation de la collaboration
intersectorielle), le degré d'application de la politique nationale de
décentralisation.
Les facteurs d'actions concernent quant à eux l'évaluation des besoins
des communautés, l'organisation communautaire mise en place, la gestion
du programme, la mobilisation des ressources humaines et financières, le
choix des dirigeants et animateurs et la prise en compte des besoins des plus
démunis dans la communauté.
Dans le cadre de la présente recherche, la démarche méthodologique
est axée sur une meilleure compréhension de ces deux facteurs. Les
éléments du contexte peuvent être considérés
comme des éléments purement descriptifs, peu vulnérables
mais dont la connaissance est essentielle pour une bonne planification de la participation
communautaire dans un district. Les facteurs d'action quant à eux sont
ceux dont la maîtrise est du ressort des acteurs de la promotion d'une PC
efficace.
6.2 Les approches méthodologiques
Cette recherche est qualitative, basée sur l'exploitation
des documents et des entretiens avec les principaux acteurs
6.2.1 L'analyse du contexte
Il s'agit beaucoup plus d'une description du contexte local
dans lequel la PC se déroule. Si en général les éléments
du contexte peuvent être considérés comme spécifiques
à chaque district et peu vulnérables par les acteurs de la promotion
de la PC, certains aspects de ce contexte peuvent être pris en compte dans
des contextes semblables.
Il s'agit donc dans le cadre de la présente recherche de bien identifier
les éléments du contexte qui favorisent ou freinent la promotion
de la PC. Par la suite on analysera comment dans ces contextes, les acteurs de
la promotion de la PC ont pris en compte ces éléments du contexte.
| Domaines |
Eléments
de description |
Méthodologie |
Cibles
|
| Contexte
culturel |
- Organisation sociale (hiérarchie, chefferie)
- Place et rôle de la femme
- Pratiques en matière de santé
|
- Revue documentaire
- Entretiens individuels
|
Informateurs clés |
| Situation
socio-économique |
- Système de production
- Niveau de pauvreté
- Mouvements migratoires
- Mouvement associatif
|
- Revue documentaire
- Entretiens individuels
|
Informateurs clés |
| Evolution
historique |
- Les changements majeurs en matière d’organisation
sociale et politique
- Les changements majeurs en matière de développement
local, de participation communautaire
|
- Revue documentaire
- Entretiens individuels
|
Informateurs clés |
| Politique
des pouvoirs publics |
- Organisation de la collaboration intersectorielle
- Prise en compte des besoins des populations locales
|
- Revue documentaire
- Entretiens individuels
|
Informateurs clés |
6.2.2 L'analyse des facteurs d'action
Les facteurs d'action sont du ressort des promoteurs de la
PC. Il s'agit donc d'identifier dans les différents districts quelles sont
les conditions de réussite de la participation communautaire
| Domaines |
Eléments
à analyser |
Méthodologie |
Cibles |
| Organisation
communautaire mise en place |
- Type de structures
- Modalités de création
- Organisation, fonctionnement
- Système d’encadrement
|
Entretiens
individuels |
- Responsables des ECD
- Membres des structures de PC
- ICP
|
| Choix des
dirigeants et animateurs |
- Profil
- Modalités de désignation
- Type de leadership
- Modes de communication avec les autres membres de la
communauté
|
Entretiens
individuels |
- Responsables des ECD
- Membres des structures de PC
- ICP
|
| Gestion du
programme |
- Modalités de participation
|
Entretiens
individuels |
- Responsables des ECD
- Membres des structures de PC
- ICP
|
| Mobilisation
des ressources financières et humaines |
- Type de ressources fournies par la communauté
- Motivations de la mobilisation de ces ressources
- Processus de prise de décision
|
Entretiens
individuels |
- Responsables des ECD
- Membres des structures de PC
- ICP
|
| Evaluation
des besoins des communautés |
- Place du PEV dans les besoins prioritaires des communautés
- Processus d’appropriation du PEV par les communautés
|
Entretiens
individuels |
- Responsables des ECD
- Membres des structures de PC
- ICP
|
| Prise en
compte des plus démunis (enclavés, pauvres) |
- Mécanismes développés pour couvrir
effectivement les plus démunis par les prestations, faire participer les
plus démunis à la mobilisation des ressources,etc.
|
Entretiens
individuels |
- Responsables des ECD
- Membres des structures de PC
- ICP
|
6.3 Echantillonnage
6.3.1 Critères de choix
Le principe de la recherche action est de permettre au PEV
de promouvoir la participation communautaire pour une meilleure performance du
PEV dans l'ensemble des 53 districts du pays.
Dans cette perspective et en prenant en compte le cadre conceptuel de la recherche,
les critères ci dessous ont déterminé l'identification des
zones de la recherche :
- Le contexte : le pays est divisé en fonction des principales caractéristiques
socioculturelles et économiques. Un choix est opéré dans
chaque groupe de manière à ce que les résultats obtenus soient
plus facilement reproductibles dans les autres districts présentant les
caractéristiques similaires
- Les expériences en cours : il s'agit de tirer les principaux enseignements
des facteurs d'actions dans les différents districts retenus. On retiendra
dans chacun des contextes, les districts dans lesquels des expériences
sont menées en vue de la promotion de la PC
- Les taux de couverture vaccinale : prenant en compte le contexte et les expériences
en cours, les districts retenus sont ceux qui ont la meilleure couverture vaccinale
de façon constante ou ont une tendance à l'amélioration de
leurs couvertures vaccinales.
6.3.2 Zones retenues
Sur la base des critères évoqués ci dessus,
les districts suivants sont retenus pour la mise en œuvre du protocole de
recherche :
| Districts
retenus |
Eléments justificatifs |
Contexte semblable |
| Kongoussi |
- District rural situé dans le Centre Nord
- Expérience dans l’appui des partenaires
(AFVP, APBY, PATECORE, CECI, Morija, Rand stars,PIB-ASSK, Croix Rouge)
- Evolution progressive continue de la couverture vaccinale
sur trois ans (1999-2001)
- Expérience dans la collaboration intersectorielle
- Expérience en cours sur la participation communautaire
|
|
| Fada |
- District situé centré sur un chef lieu
de région
- Expérience en cours sur la participation communautaire
- Evolution de la couverture vaccinale en dents de scie
(1999-2001)
- Appui des partenaires (PDLK, TIN-TUA, FNUAP, Unicef,
Pays-Bas, Croix Rouge)
|
- Tenkodogo
- Dédougou
- Gaoua
- Ouahigouya
- Banfora
- Dori
- Kaya
- Koudougou
|
Ouagadougou
(Secteur 30 ) |
- District urbain
- Expérience en cours sur la participation communautaire
en milieu urbain
- Evolution progressive de la couverture vaccinale sur
trois ans (1999-2001)
- Appui des partenaires (Pays-Bas, Coopération
Italienne, Unicef, CECI Croix Rouge)
- Expérience dans la collaboration intersectorielle
|
- Secteur 22 Bobo
- Pissi
- Kossodo
- Sect 15 Bobo
- Paul VI
|
| Houndé |
- District rural situé dans la région Ouest
- Evolution progressive de la couverture vaccinale sur
quatre ans (1998-2001)
- Expérience en cours sur la participation communautaire
- Appui Croix Rouge
- Expérience dans la collaboration intersectorielle
|
|
| Gorom Gorom |
- District rural situé dans la région du
Sahel et du nord
- Evolution progressive de la couverture vaccinale sur
deux ans (2000-2001)
- Appui des partenaires (PB, Unicef, FNUAP, SCF/UK, OMS,
GLOBAL 2000, PAM, Croix Rouge)
- Expérience dans la collaboration intersectorielle
|
|
| Solenzo |
- District situé dans la région de la boucle
du Mouhoun
- Expérience en cours dans la participation communautaire
- Maintien de la couverture vaccinale sur trois ans (
1999-2001)
- Appui de partenaires (BAD, Pays-Bas, Croix Rouge)
|
- Dédougou
- Nouna
- Boromo
- Tougan
- Toma
|
| Manga |
- District situé dans la région du centre
sud
- Expérience en cours sur la participation communautaire
- Evolution progressive de la couverture vaccinale sur
cinq ans (1997-2001)
- Expérience dans la collaboration intersectorielle
- Appui des partenaires (Pays-Bas, SCPB, Borde fonden,
PLD/Z, Croix Rouge)
|
- Pô
- Kombissiri
- Saponé
- Léo
- Tô
|
| Yako |
- District situé dans la région du plateau
central
- Expérience en cours sur la participation communautaire
- Evolution progressive de la couverture vaccinale sur
trois ans (1999-2001)
|
- Ziniaré
- Boussé
- Réo
- Koupéla
- Zorgho
|
| Bogandé
|
- District rural situé dans la région est
- Expérience en cours sur la participation communautaire
- Appui de certains partenaires (voisins mondiaux, FNUAP,
Unicef, Pays-Bas, Croix Rouge)
- Evolution progressive de la couverture vaccinale sur
trois ans (1999-2001)
|
|
| Diébougou |
- District rural situé dans la région du
sud ouest
- Appui des partenaires (Plan, PDR/SO, GTZ, Croix Rouge)
- Evolution continue de la couverture vaccinale sur trois
ans (1999-2001)
- Expérience en cours sur la participation communautaire
|
|
Au total l'étude va couvrir 9 régions sanitaires
et 10 districts de santé.
6.3.3 Principales cibles
Au plan national et régional, il sera pris en compte
les principaux partenaires qui interviennent dans le PEV et plus particulièrement
dans le volet mobilisation sociale. C'est le cas de la Croix Rouge, de l'UNICEF,
etc.
Au niveau intermédiaire, les principaux partenaires impliqués dans
la PC seront pris en compte.
Au niveau de chaque district les cibles ci dessous seront prises
en compte :
- L'Equipe Cadre du District : il s'agira du médecin chef et du chargé
du PEV de même que celui chargé de la mobilisation sociale
- Les CSPS : Dans chaque district on retiendra trois CSPS et le chef lieu représenté
par le CMA. Le choix des trois CSPS tiendra compte des bonnes performances en
matière de PEV, des expériences de PC et les différents contextes
- Les membres des structures de PC : Au niveau de chaque CSPS on retiendra toutes
les structures identifiées comme étant impliquées dans la
PC en faveur du PEV. Deux membres seront l'objet de l'enquête (le responsable
et un membre)
- Les informateurs clés : il s'agit de personnes à même
de donner des informations pertinentes parce qu'ayant de bonnes connaissances
du milieu. Il s'agira : du Haut commissaire ou du Préfet, du Maire , de
conseillers municipaux, de responsablse administratifs de village, d’accoucheuses
de village, d’agents de santé villageois, de responsablse religieux,
de tradipraticiens
Récapitulatif des principales cibles
| Niveaux concernés |
Cibles |
Profil/nombre |
National
et régional |
- Partenaires du PEV en matière de mobilisation
sociale
|
- Responsables : UNICEF, Croix Rouge
|
| District sanitaire
|
|
|
|
|
|
- Haut-commissaire : 1
- Maire de commune : 1
- Conseiller municipal : 1
|
| CSPS |
|
|
- Structures impliquées dans la PC
|
- L’ensemble des structures
|
|
- Responsable administratif de village : 1
- Préfet : 1
- ASV : 1
- AV : 1
- Autres à déterminer en fonction des opportunités
|
7. Les principaux outils
Au total six outils seront utilisés :
- Canevas (A) pour la revue documentaire : ce guide devra permettre de mettre
en évidence les principaux éléments contenus dans le tableau
1
- Guide d'entretien (B) pour les informateurs clés identifiés
dans le district
- Questionnaire pour les membres de l'ECD (C) : il permettra de collecter les
données pour une analyse des facteurs d'action
- Questionnaire pour les infirmiers chefs de poste (D) :il permettra de collecter
les données pour une analyse des facteurs d'action
- Questionnaire pour les membres des structures de PC (E) : il permettra de
collecter les données pour une analyse des facteurs d'action
- Questionnaire pour les partenaires
8. Mise en oeuvre
8.1 Equipe de recherche
Etant donné qu'il s'agit d'une recherche action, il
est indiqué que la mise en œuvre du présent protocole soit
assurée par une équipe composée d'acteurs du système
de santé qui bénéficieront de l'appui technique d'une expertise
extérieure au système. Les acteurs du système de santé
seront alors plus à même de mettre en œuvre les résultats
obtenus.
Dans cette logique, l'équipe sera composée :
- D'un chercheur principal : expert en recherche et ayant la maîtrise
du protocole
- D'un point focal au niveau du SPV, ayant une bonne connaissance du protocole
et du PEV en général et au plan national en particulier
- D'un point focal au niveau de chaque DRS dans laquelle un district est retenu
- Les membres des ECD et les ICP des zones concernées sont associées
à l'étude
| Equipes de
recherche |
Principales fonctions |
| Equipes Cadre de District
retenus et les Infirmiers Chefs de Poste |
- Fournir toutes les informations requises
- Apporter l’appui administratif et logistique nécessaire
- Aider a la collecte des données
- Discuter, analyser et s’approprier les résultats
de l’étude
- Mettre en œuvre les résultats obtenus
|
| Point focal de la recherche
au niveau de la Direction Régionale de la Santé |
- Conduire la collecte des données au niveau des
districts et des CSPS
- Analyser les données collectées avec l’appui
technique de l’équipe de recherche
- Assurer la vulgarisation des résultats obtenus
à l’ensemble des districts de la région
- Assurer le suivi de la mise en œuvre des résultats
obtenus
|
| Point focal SPV |
- Maîtriser le protocole de la recherche
- Participer à la formation des points focaux des
DRS
- Superviser la collecte des données et l’analyse
des données
- Participer à la vulgarisation des résultats
au plan national
- Participer au suivi de la mise en œuvre
|
| Chercheur principal |
- Former les différents points focaux impliqués
dans la recherche
- Superviser la collecte des données
- Superviser l’analyse des données
- Confectionner le rapport de la recherche
- Participer à la vulgarisation des résultats
- Participer à l’évaluation de la
mise en œuvre des résultats
|
8.2 Chronogramme
| Activités |
Durée |
Acteurs |
| Formation
des différents points focaux + pré-test des outils |
3 jours |
- Chercheur principal
+ point focal SPV
|
| Reproduction
des différents supports de collecte de données |
1 jour |
|
| Collecte
des données |
30 jours |
|
| Analyse des
données |
15 jours |
- Points focaux des DRS
- Point focal de la SPV
- Chercheur principal
|
| Supervision
|
3 jours par
district |
- Chercheur principal
+ point focal SPV
|
| Rédaction
du rapport de la recherche |
15 jours |
- Chercheur principal
- Point focal SPV
|
| Vulgarisation
des résultats |
1 mois |
- Chaque point focal DRS
- Point focal SPV
|
| Mise en oeuvre
des résultats |
Plans d’actions
des districts 2003 |
|
L'étude se déroulera en trois phases :
- Phase 1 : Elle permettra d'obtenir le rapport de l'étude contenant
les recommandations. Cette phase comporte les activités 1 à 6 et
couvre une période de deux mois. Elle pourra se dérouler à
la période de septembre à novembre 2002
- Phase 2 : Elle sera consacrée à la vulgarisation des résultats
(activité 7). Cette période pourra se dérouler en novembre
-décembre 2002
- Phase 3 : Mise en œuvre au cours des plans d'action 2003 des districts
retenus pour cette étape
8.3 Analyse des données
L'analyse des données sera faite essentiellement de
façon manuelle au regard du caractère très qualitatif des
données à analyser et aussi compte tenu du nombre relativement faible
de l'échantillon. Les données seront analysées par district
et de façon globale
8.4 Le rapport de la recherche
Le rapport sera axé sur les deux facteurs déterminants
de la PC : les éléments du contexte et les différents facteurs
d'action. L'analyse des tendances permettra de faire des recommandations
9. Le budget de la recherche
| Eléments
constitutifs |
Coût unitaire |
Coût total |
Observation |
| Honoraires
du chercheur principal |
75 000 F
CFA/j |
4 500 000
F CFA |
Durée
estimée 60 jours |
| Prise en
charge du point focal SPV (assistant de recherche ) |
42 000 F
CFA/j |
1 890 000
F CFA |
Durée
estimée 45 jours |
| Prise en
charge d’un point focal dans chacune des 9 DRS pour collecte des données
|
15 000 F
CFA/j |
2 835 000
F CFA |
Durée
estimée 21jours |
| Prise en
charge d’un point focal dans chacun des 10 districts pour l’appui
a la collecte des données |
10 000 F
CFA/j |
1 500 000
F CFA |
Durée
estimée 15 jours |
| Prise en
charge d’un ICP par CSPS dans chacun des 40 CSPS pour l’appui à
la collecte des données |
5 000 F
CFA/j |
1 000 000
F CFA |
Durée
estimée 5 jours |
| Prise en
charge d’un chauffeur dans chacune des 9 DRS |
5 000 F
CFA/j |
450 000
F CFA |
Durée
estimée 10 jours |
| Supervision
du chercheur principal |
25 000 F
CFA/j |
375 000
F CFA |
Durée
estimée 15 jours |
| Supervision
du chercheur assistant |
20 000 F
CFA/j |
250 000
F CFA |
Durée
estimée 15 jours |
| Carburant
pour la supervision |
494 F CFA
|
455 962
F CFA |
Quantité
: 923 litres |
| Prise
en charge de deux chauffeurs pour la supervision |
10 000 F
CFA/j |
300 000
F CFA |
15 jours |
| Carburant
pour la collecte des données |
494 F CFA |
251 940
F CFA |
Quantité
: 510 litres |
| Carburant
pour le déplacement des points focaux DRS pour la formation à Ouagadougou |
75 F CFA |
301 125
F CFA |
Distance
total à parcourir : 4 015 km |
| Prise en
charge des 10 points focaux pour la formation |
45 000 F
CFA |
450 000
F CFA |
Prise en
charge :
15 000 F CFA/j
pendant 3 jours |
| Fourniture
de bureau et pause café/repas |
9 000 F
CFA |
135 000
F CFA |
15 participants
|
| Rencontres
de restitution des résultats dans les régions sanitaires |
|
1 000 000
F CFA |
Forfait |
| Fourniture
de bureau pour la recherche |
|
200 000
F CFA |
Forfait |
| Honoraire
du coordonnateur |
|
500 000
F CFA |
Forfait |
| Prise en
charge du gestionnaire |
|
100 000
F CFA |
Forfait |
| Imprévus
(5%) |
|
824 701
F CFA |
|
| Total
général |
|
17
5318 728 F CFA |
|
NB : Ce budget ne prend pas en compte une éventuelle
location de véhicule. En cas de nécessité il faudrait envisager
un montant supplémentaire de 60 000 F x 15 jours x 2 = 1 850 000 F.

|