Etude sur la sécurité des injections en Mauritanie
L'étude a été réalisée du
19 septembre au 23 octobre 2000 par un consultant international avec l'appui technique
et financier de la CATR.
1. Objectifs
1.1 Objectif général
L'objectif général de l'étude est de faire
une analyse de la situation sur la sécurité des injections dans
les structures sanitaires.
1.2 Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques sont :
- Evaluer la prévalence des injections dangereuses
- Etudier le comportement et les connaissances des agents responsables des injections
- Evaluer l'opinion des bénéficiaires sur cette prestation (injection)
- S'assurer de la disponibilité permanente du matériel d'injection
- Mettre en place un système de gestion des déchets.
2. Méthodologie
2.1 Echantillonnage
L'échantillonnage a concerné toutes les structures
de santé offrant de soins préventifs et ou curatifs. La présente
étude essaie de couvrir l'ensemble du pays selon le découpage administratif.
Par rapport à l'accessibilité, des structures appartenant à
certaines zones ont été volontairement exclues.
Les hôpitaux ont été également exclus
du fait que ces structures n'offrent pas la vaccination. Les wilayas ont été
choisies de façon raisonnée dans chaque wilaya, les moughataas ont
été choisies de façon aléatoire. Ainsi, sur 53 centres
de santé 23 ont été choisis soit 43,39% ; sur 243 postes
de santé 39 ont été choisis soit 16,04%.
2.2 Collecte des données
Au niveau de chaque formation sanitaire visitée, l'enquête
a été faite sur toute pratique d'injection réalisée
dans le cadre des activités préventives de préférence,
au cas contraire, l'enquête se fera sur les activités curatives.
Les fiches d'enquêtes à remplir comportent :
- L'observation de l'équipement et de réserve disponible dans
les centres de santé
- L'observation structurée de toutes les injections faites durant le
jour de l'enquête
- Un interrogatoire de l'agent chargé des injections concernant sa pratique
- Un interrogatoire du responsable de la formation sanitaire concernant des
équipements disponibles et l'approvisionnement
- Un questionnaire portant sur l'interrogatoire du bénéficiaire
3. Principaux résultats
L'enquête a fait ressortir à ce niveau que 34%
des formations sanitaires ne disposent pas d'eau potable et encore moins de savon
pour 58% des structures. C'est dire que le minimum de moyens nécessaires
pour assurer une bonne asepsie ne sont pas disponibles dans toutes les formations
sanitaires.
Quant à la disponibilité d'eau de Javel ou autre
solution désinfectante dans les formations sanitaires, seulement 42% en
disposaient mais en général, ce stock ne dépassait guère
2 bouteilles ; tandis que 58% étaient en rupture totale ou n'en avaient
jamais reçu.
Cela constitue un risque permanent aussi bien pour les agents
de santé que les bénéficiaires, quant on connaît l'usage
de ce produit ou de ses dérivés dans le cadre de la lutte contre
la transmission du VIH.
L'enquête a fait également ressortir qu'actuellement,
il n'existe aucun stérilisateur à vapeur régulièrement
utilisé, si bien que les aspects techniques relatifs à l'utilisation
de ce type de matériel ainsi que les stocks de pièces de rechange
y afférents n'ont pas pu être appréciés.
Il faut relever ici, les ruptures totales de stock constatées
dans plus de la moitié des formations sanitaires :
- 66% des cas pour les seringues BCG
- 74% des cas pour les aiguilles BCG
- 66% des cas pour les seringues jetables et/ou autobloquantes
- 89% des cas pour les aiguilles S/C
- 75% des cas pour les aiguilles I.M
NB : Ces résultats sont à relativiser car,
dans la plupart des cas, les officines pharmaceutiques privées servent
de relais pour l'acquisition des seringues et aiguilles jetables (surtout pour
les soins curatifs).
Ces ruptures de stock relevées ça et là
pourraient amener les agents à vouloir y remédier en réutilisant
du matériel contaminé.
Dans 56% des formations sanitaires, l'énergie est disponible.
Concernant les réceptacles, l'étude a dénombré
14 pour l'ensemble des structures. Cette quantité représente le
reste des dotations reçues lors des Journées Nationales de Vaccination
(J.N.V. 1998).
Ainsi, 95% des formations sanitaires en sont démunies
ou ne possèdent qu'un seul réceptacle.
Parmi les 15% de structures qui en disposent, 8% des réceptacles
sont soit ouverts, soit trop pleins ou percés, tandis que 11 réceptacles
sont en attente d'élimination ou d'incinération.
Il a été observé en outre la présence
d'objets tranchants, coupants, pointus dans des contenants ouverts non appropriés
dans 66% des cas, ainsi que la notification dans 82% des structures, de la présence
de seringues ou d'objets pointus autour du centre ou du site d'élimination.
Quant aux types d'éliminateurs de déchets disponibles,
les résultats suivants ont été constatés :
- Feu ouvert 42%
- Poubelle 29%
- Aucun 16%
- Incinération 10%
- Enterrement fosse 3%
4. Recommandations
L'étude a fait les recommandations suivantes :
- La réorganisation effective du bureau chargé de l'approvisionnement
du PEV, en tenant compte des outils de gestion proposés. Ceci pour permettre
une meilleure gestion et la disponibilité permanente du matériel
d'injection
- L'utilisation des seringues autobloquantes pour les vaccinations, et les seringues
jetables pour les soins curatifs et la dilution des vaccins. Cependant, il est
indispensable que les mesures d'accompagnement comme traitées dans cette
étude soient assurées
- L 'affichage dans chaque formation sanitaire des politiques et standards comme
recommandés par l'OMS, afin d'assurer l'information permanente du personnel
de santé sur cette question
- La surveillance systématique et l'ouverture d'une enquête pour
toute complication liée à une injection, afin d'améliorer
le travail des agents de santé et faciliter l'encadrement
- L'intégration d'un questionnaire d'examen de la sécurité
des injections et du système d'approvisionnement dans toute activité
d'évaluation du PEV
- L'élaboration d'un plan d'action à court terme sur la sécurité
des injections qui sera adopté par le gouvernement et mis en œuvre
avec l'aide des partenaires au développement. Ce plan doit faire ressortir
les volets déjà traités dans ce rapport (la formation/recyclage,
le suivi/évaluation, l'achat des consommables etc.)
NB : Le rapport de cette étude est disponible auprès
de la CATR à l'adresse suivante :
Projet régional FED ARIVA
08 BP 11030 Ouagadougou 08
Tel. : +226 31 69 16
Fax. : +226 31 69 18
E-mail : catr@fedariva.org
ou auprès du Service du Programme Elargi de Vaccination
à l'adresse suivante :
Programme Elargi de Vaccination
BP 483 Nouakchott
République Islamique de Mauritanie
Tél. : +222 25 80 41 ou +222 25 17 51
Fax : +222 25 69 43 ou +222 25 12 73
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