étude sur la sécurité des injections au niger
L'étude a été réalisée en
octobre 2000 par un consultant avec l'appui technique et financier de la CATR.
1. Objectifs
1.1 Ojectif général
L'objectif général de l'étude est d'assurer
l'usage sécurisé et rationnel des injections afin d'éviter
tout risque à la personne qui reçoit l'injection, à celle
qui l'administre et à la communauté en vue de contribuer à
l'amélioration de l'état de santé des populations.
1.2 Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques sont :
- Eradiquer les injections à risques dans les formations sanitaires d'ici
fin 2002
- Réduire le nombre d'injections curatives pratiquées dans les
formations sanitaires d'ici fin 2002
- Assurer l'approvisionnement régulier du marché en matériel
à usage unique
- Assurer l'élimination correcte sans risque des déchets dans
80% des formations sanitaires d'ici l'an 2002
- Faire changer les comportements des agents de santé et de la communauté
afin de réduire la prescription des injections inutiles
2. Méthodologie
2.1 Echantillonnage
L'échantillonnage a concerné toutes les structures
de santé offrant de soins préventifs et ou curatifs. La présente
étude essaie de couvrir l'ensemble du pays selon le découpage administratif.
Par rapport à l'accessibilité, des structures
appartenant à certaines zones ont été volontairement exclues.
Les hôpitaux ont été également exclus du fait que ces
structures n'offrent pas la vaccination.
2.2 Collecte des données
Au niveau de chaque formation sanitaire visitée, l'enquête
a été faite sur toute pratique d'injection réalisée
dans le cadre des activités préventives de préférence,
au cas contraire, l'enquête se fera sur les activités curatives.
Cinq fiches d'enquêtes sont à remplir et comportent
:
- L'observation de l'équipement et de réserve disponible dans
les centres de santé
- L'observation structurée de toutes les injections faites durant le
jour de l'enquête
- Un interrogatoire de l'agent chargé des injections concernant sa pratique
- Un interrogatoire du responsable de la formation sanitaire concernant les
équipements disponibles et l'approvisionnement
- Un questionnaire portant sur l'interrogatoire du bénéficiaire
3. Principaux résultats
L'enquête nationale réalisée en septembre
2000 a montré que :
- 62% des formations procédaient à la stérilisation du
matériel d'injection
- 44% des formations sanitaires pratiquant des vaccinations étaient en
rupture de seringues autobloquantes
- 28% de l'ensemble des centres étaient en rupture de seringues à
usage unique
- La disponibilité en boîtes de sécurité n'était
que de 44%
- Le nombre moyen d'injections thérapeutiques pratiquées par semaine
dans les formations sanitaires étaient prédominant par rapport à
celui des vaccinations (110 contre 73)
- L'utilisation de seringues non stériles a été constatée
dans 11% des cas
- L'utilisation d'une aiguille non stérile a été constatée
dans 2% des cas
- 72% des infirmiers chargés des injections dans les formations sanitaires
enquêtées ont reconnu s'être piqué au moins une fois
au cours des 12 derniers mois passés
- Le nombre moyen annuel de piqûre accidentelle par agent de santé
était de 2,9 par an
- Les principales méthodes d'élimination des déchets utilisées
dans les centres de santé étaient le déversement dans un
endroit non contrôlé (49%), l'incinération contrôlée
à ciel ouvert (24%) et l'enterrement (9%)
- L'utilisation d'un incinérateur fonctionnel n'a été constatée
que dans 6% des centres de santé
Il se dégage de cette étude les faits saillants
suivants :
- Le manque de directives nationales en matière de sécurité
des injections
- L'insuffisance de matériels à usage unique et de seringues autobloquantes
dans les formations sanitaires
- L'inexistence de seringues stérilisables dans les formations sanitaires
conduisant à une "stérilisation de seringues à usage
unique" pour les injections curatives
- La mauvaise stérilisation du matériel d'injection est assez
fréquente
- Le nombre d'injections curatives pratiquées dans nos formations sanitaires
est élevé
- L'utilisation de seringue et/ou d'aiguille non stérile a été
constatée dans nos formations sanitaires
- Le manque de moyen sûr d'élimination des déchets
- Le taux de piqûres accidentelles du personnel est très élevé.
Devant l'urgence de la situation, il a semblé à
l'Etat de prendre des mesures en énonçant une politique claire en
matière de sécurité des injections en vue de réduire
les risques de transmission de maladies au décours d'injection.
4. Recommandations
- Elaborer un document de politique nationale sur la sécurité
des injections
- Elaborer des directives nationales en matière de sécurité
des injections
- Améliorer l'approvisionnement des formations sanitaires en matériels
d'injections à usage unique et en seringues autobloquantes
- Eliminer les seringues stérilisables pour les injections curatives
dans toutes les formations sanitaires du pays
- Réduire le nombre d'injections curatives pratiquées dans les
formations sanitaires
- Doter toutes les formations sanitaires de moyens sûrs d'élimination
des déchets
- Réduire le nombre de piqûres accidentelles du personnel
NB : Le rapport de cette étude est disponible auprès
de la CATR à l'adresse suivante :
Projet régional FED ARIVA
08 BP 11030 Ouagadougou 08
Tél. : +226 31 69 16
Fax : +226 31 69 18
E-mail : catr@fedariva.org
ou auprès du PEV à l'adresse suivante :
Direction Nationale du PEV
BP 205 Niamey
République du Niger
Tél. : +227 75 20 73 ou +227 74 11 24
Fax : +227 75 20 62
|