étude sur les taux de pertes des vaccins au tchad
1. Objectifs
1.1 Objectif général
L'objectif général de l'étude est de contribuer
à l'amélioration de la gestion du programme élargi de vaccination
par la rationalisation de l'utilisation des ressources disponibles, en l'occurrence
celles consacrées à l'achat des vaccins et consommables.
1.2 Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques sont de :
- Déterminer le taux de perte pour chaque antigène du PEV de routine
par niveau et par stratégie
- Identifier et analyser les causes de pertes de vaccins par niveau
- Formuler des propositions en vue de réduire les pertes de vaccins.
2. Méthodologie
2.1 Echantillonnage
La présente étude retient comme critère
d'inclusion dans l'échantillon les structures répondant aux critères
suivants :
- Les centres de santé fonctionnels situés en zones accessibles,
revitalisés ou non
- Les centres de santé fonctionnels en zone urbaine et en zone rurale
- Les districts de santé fonctionnels et accessibles, disposant de données
sociales et démographiques fiables
Ainsi, par choix raisonné, 7 Délégations
Préfectorales Sanitaires (DPS) ont été choisies sur 14 existantes.
Dans chaque DPS, deux districts fonctionnels ont été retenus par
choix raisonné.
Dans chaque district, trois centres de santé ont été choisis
de façon aléatoire soit 42 centres de santé sur 400 existants. 2.2 Collecte des données
Les données ont été recueillies sur le
terrain par l'exploitation systématique des rapports mensuels d'activités
(RMA), des fiches de réapprovisionnement en vaccins, des fiches de stock
des vaccins, des fiches de suivi rapide des activités de vaccination et
par l'administration d'un questionnaire sémi-structuré sur les connaissances,
aptitudes et pratiques du personnel intervenant dans la vaccination.
La collecte de données a été complétée
par des entrevues avec des responsables du PEV au niveau national, préfectoral,
du district et des centres de santé.
3. Principaux résultats
L'étude a donné les résultats suivants
:
Tableau 1 : Résumé des taux de pertes en 1999
dans les quatre districts sanitaires où l'information a été
disponible
| Antigène |
BCG |
DTC |
VPO |
VAR |
VAA |
VAT |
| District de Kelo |
52% |
29% |
26% |
52% |
49% |
81% |
| District de Laï |
84% |
60% |
65% |
68% |
88% |
92% |
| District de Benoye |
- |
- |
21% |
21% |
41% |
72% |
| District de Moundou |
50% |
62% |
67% |
21% |
84% |
86% |
| Taux moyens districts |
62% |
50,3% |
44,7% |
40,5% |
65% |
82,7% |
| Taux standards |
50% |
25% |
25% |
25% |
25% |
25% |
Tableau 2 : Aperçu des taux de pertes de vaccins dans d’autres pays
du Sahel
| Pays |
Années |
Niveau |
Taux de pertes des vaccins |
| Sénégal |
1996-1997 |
District |
BCG |
DTC |
VPO |
VAA |
VAR |
VAT |
| 54% |
30,5% |
32% |
58% |
50,8% |
40,6% |
| Gambie |
1998 |
Pays |
38,8% |
26% |
23,5% |
45,7 % |
31,3% |
20,6% |
| Mauritanie |
1998 |
Pays |
36,6 % |
28,6 % |
18,5 % |
- |
46,9 % |
47 % |
| Mali |
1996/1997 |
Pays |
59 % |
17 % |
20 % |
- |
27 % |
27 % |
| Tchad |
1999 |
District |
% |
|
|
|
|
82,7% |
| Taux standard |
|
|
50% |
25% |
25% |
25% |
25% |
25% |
Les principales causes de pertes de vaccins qui ressortent
de l'enquête CAP sont les suivantes :
- Insuffisance dans la formation du personnel impliqué dans la vaccination
(51,16%)
- Mauvaise conservation des vaccins (35,4%)
- Agitation des enfants pendant l'administration des vaccins (19,3%)
- Sous utilisation des services de vaccination (11,2%)
4. Recommandations
4.1 Au niveau stratégique
- L'amélioration de situation actuelle nécessite une implication
forte et soutenue des autorités du niveau national, notamment la Direction
générale de la Santé, la Direction des activités sanitaires,
le responsable PEV et le comité de coordination inter-agences.
Cette implication peut se traduire au plan opérationnel par des visites
conjointes de terrain pour partager les réalités avec les acteurs,
encourager les méritants, soutenir les faibles et redresser les irréductibles.
Les visites conjointes peuvent se faire une fois par semestre ; elles peuvent
être combinées à des forums au niveau préfectoral sur
le suivi des activités de santé
- Le renforcement de la communication entre les différents niveaux de
la pyramide, notamment par mise en place de la micro planification des activités
de routine et d'un contrat plan annuel au niveau chaque district.
Cette approche permettra un débat sur l'utilisation des ressources disponibles
et les résultats à atteindre. Cet exercice est déjà
fait partiellement dans certains centres de santé dans le cadre du monitorage.
La pression doit être portée au niveau des districts
- Les délégués préfectoraux et les médecins
chefs au niveau district doivent assumer la réussite de leur plan d'action
annuel. Il leur revient de faire un bon arbitrage pour que le personnel change
de comportement ; pour cela, chaque préfecture doit mettre en place des
règles de jeu qui puissent renforcer la notion de responsabilité
et de performance dans le travail
- La mise en place d'un vaste programme de formation qui cible le personnel
de tous les niveaux
- Le renforcement de la supervision, du contrôle et de la supervision
formation
- L'envoi d'instructions qui permettront le remplissage correct des supports
de gestion
- Bien que cela ne modifiera pas la tendance actuelle des taux de perte, Il
serait très utile de compléter la collecte des données en
menant des investigations plus poussées au niveau des DPS du Chari Baguirmi
(N'Djaména), du Mayo Kebbi (Bongor Pala) car la non disponibilité
des données dans ces préfectures traduit en elle seule le niveau
d'organisation et probablement le faible engagement du personnel
4.2 Au niveau du PEV National
- Réaliser régulièrement les supervisions programmées
et produire un rapport pour la retro-information
- Fournir un appui aux programmes de formation/ recyclage des districts sanitaires
- Motiver les responsables au niveau préfectoral à assumer toute
leur responsabilité dans la mise en œuvre des activités du
PEV
- Compléter la collecte des données au niveau du Chari Baguirmi
et du Mayo Kebbi
- Utiliser entre temps les taux standard pour l'estimation des besoins en vaccins
4.3 Au niveau DPS
- Réaliser régulièrement les supervisions programmées
et produire un rapport pour la retro-information
- Fournir un appui aux programmes de formation/ recyclage des districts sanitaires
- Utiliser effectivement les supports de gestion des vaccins et consommables
existants
- Améliorer la conservation des archives
4.4 Au niveau district
- Les médecins chefs de district doivent mieux s'impliquer dans les opérations
d'approvisionnement en vaccins
- Les districts doivent conserver et classer les bordereaux de livraison des
vaccins et consommables
- Dans les districts où il n'y a pas de responsables PEV, les médecins
chefs doivent déléguer la responsabilité à un agent
compétent
- Les supports de gestion des vaccins doivent être disponibles à
tous les niveaux
- Une évaluation correcte des besoins de formation et de recyclage doit
être faite, programme cohérent de recyclage et de formation des agents
impliqués dans le PEV doit être élaboré et mis en œuvre
- Les supports de gestion existants doivent être effectivement utilisés
- Les supervisions programmées doivent être régulièrement
réalisées et des rapports produits pour la retro-information
4.5 Au niveau des centres de santé
- Utiliser les fiches de réapprovisionnement en vaccin pour toutes les
commandes
- Conserver et classer par année les bordereaux de livraison
- Tenir à jour tous les supports de gestion
- Conserver et classer par année les fiches de pointage des activités
de vaccination en stratégie avancée
- Classer par année les rapports mensuels d'activités et les carnets
souches des fiches de réapprovisionnement en vaccins et consommables
NB : Le rapport de cette étude est disponible auprès
de la CATR à l'adresse suivante :
Projet régional FED ARIVA
08 BP 11030 Ouagadougou 08
Tel. : +226 31 69 16
Fax. : +226 31 69 18
E-mail : catr@fedariva.org
ou auprès du Service du PEV à l'adresse suivante
:
Programme Elargi de Vaccination
BP 1457 N'djamena Tchad
Tel. : +235 52 36 05
Fax : +235 52 36 05
Email : pev10@calva.com

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